Habitat et Humanisme Loire : une maison-relais au cœur de la cité

Rhône-Alpes - Saint-Etienne

Depuis 1992, l’association Habitat et Humanisme Loire apporte son soutien aux personnes mal logées et aux exclus. Propriétaire d’une soixantaine de logements sociaux, elle vient de franchir une nouvelle étape avec l’ouverture d’une « maison-relais ».

Marc Bonneville, président de l’association depuis quatre ans, explique : « Nous faisons partie du mouvement national Habitat et Humanisme qui, depuis 25 ans, propose à des personnes en situation de fragilité et de précarité des logements à faible loyer. C’est une action qui s’inscrit dans la durée, et dont l’objectif est de favoriser l’autonomie et l’insertion des personnes que nous accompagnons. » Habitat et Humanisme Loire s’appuie sur une centaine de membres, dont vingt bénévoles actifs : « Leur mission est de soulager le quotidien des personnes que nous logeons, en les aidant dans leurs démarches administratives, leurs courses, le petit bricolage, etc.».
L’association est financée grâce aux dons privés, à l’épargne solidaire et au soutien d’organismes comme la Fondation VINCI. «Face à la baisse des subventions publiques, il faut compter sur l’économie solidaire », souligne Marc Bonneville.

La maison Malescourt

En novembre 2010, l’association a inauguré une « maison-relais », rue Malescourt, dans un immeuble ancien réhabilité du centre de Saint-Etienne. C’est la première structure de ce type à voir le jour dans le département de la Loire. L’établissement propose à des personnes ayant de grandes difficultés d’autonomie et de socialisation un logement privé au cœur d’une structure fonctionnant comme une pension, avec des espaces communs - cuisine, salle à manger, jardin - animés par des « hôtes de maison ». Ce sont Aurélie Begon, éducatrice spécialisée de formation, et Marylise Granger qui assurent cette mission avec l’aide de bénévoles : « Nous sommes là pour créer des liens, faire vivre la communauté et rompre l’isolement des résidents. Notre travail est simple et très riche ». Cadrer la vie de la maison, favoriser les activités, les rencontres, les échanges dans la maison et hors de la maison, par exemple « proposer des repas en commun deux fois par semaine, des petits-déjeuners, des discussions informelles, des activités festives. L’accueil et l’écoute sont au centre de notre travail ». Le week-end, les hôtesses se retirent, et les habitants sont invités à se prendre eux-mêmes en charge, à sortir, à être présents dans la ville.

C’est par le 115, un numéro d’urgence pour l’hébergement, que Mourad est arrivé à la maison-relais : « J’ai quitté ma famille et je me suis retrouvé seul à Saint-Etienne. J’ai vécu de mauvaises expériences en appartement autonome et j’ai fait une demande de mise sous curatelle. Aujourd’hui, je me sens protégé ». Comme lui, Clémence et Tony ont un parcours de vie chaotique. La première, travailleuse handicapée, a vécu une enfance en foyer et souhaite retrouver un emploi. Le deuxième a été hospitalisé pour grave dépression suite à une séparation : « J’ai trouvé ici un bon cadre de vie et un encadrement rassurant ».

Un projet de jardin solidaire

C’est Jacques Dorin, chef de l’entreprise Robat chez VINCI Construction France, qui a embarqué la Fondation VINCI dans l’aventure : « Je connaissais Habitat et Humanisme Loire depuis près de vingt ans et c’est grâce à un ami que j’ai franchi le pas ! Leur point fort est le règlement global de la cause des exclus. Dès la première réunion, le contact est passé avec l’équipe. » Très vite, Jacques Dorin devient le parrain de l'association et lui permet d'obtenir deux financements de la Fondation VINCI pour la maison-relais, en 2008 (participation aux travaux), puis en 2010 (acquisition d'équipements et de mobilier).
« C’est un environnement qui rappelle une pension. C’est une très bonne étape pour reprendre confiance, retrouver l’estime de soi et peu à peu une autonomie », ajoute le parrain, très enthousiaste, même s’il se sent parfois un peu éloigné du terrain : « Je projette d’aller rue Malescourt partager un repas avec les résidents, je souhaite aller à leur rencontre, être au plus près des personnes ». Et il ne s’arrête pas là : « Je suis aussi devenu vice-président de la commission communication. Nous organisons un grand événement chaque année avec des conférences, des portes ouvertes. Marc Bonneville a un vrai savoir-faire, il sait aller chercher les aides. Un professionnel dynamique et convaincant ! », explique-t’il.

Dernier projet en date : la réhabilitation du jardin pour en faire un potager ouvert aux résidents, aux habitants du quartier et aux enfants d’une école voisine. « Nous mettons tout en œuvre pour que nos résidents puissent envisager un avenir plus serein », conclut Aurélie Begon.

Mars 2011 © Agence d'informations Reporters d'Espoirs

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