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Témoignage : Stéphane Molès, « Proxité, c’est bien plus que du soutien scolaire »

Octobre 2017

La Fondation VINCI pour la Cité a rencontré Stéphane Molès, qui s’est lancé cette année dans l’aventure Proxité. Cette association constitue des binômes formés par des jeunes issus de quartiers populaires et des adultes actifs. Les rencontres, faites de soutien scolaire et de riches échanges, ont lieu une fois par semaine. Retour sur une année d’engagement.

Qu’est-ce que le soutien scolaire avec Proxité vous a apporté ?

Stéphane Molès : C’était extrêmement riche. Je pensais faire du soutien scolaire classique. Nourdine, mon filleul, attendait davantage : il voulait comprendre le fonctionnement du monde de l’entreprise.

C’est un vrai échange. On est d’origines complètement différentes. On accompagne des jeunes qui vivent dans une cité à Nanterre, qui sont souvent d’origine maghrébine. On a beaucoup parlé de l’actualité, évidemment. Des stigmatisations qu’ils subissent suite aux attentats. Des choses qui vont au-delà du travail. Je pense que c’est important d’avoir cet échange, en ce moment.

Il m’a permis de trouver un sens nouveau à mon travail. En début de carrière, j’ai travaillé dans des entreprises familiales où on nous expliquait pourquoi on travaillait. On nous invitait sur des chantiers pour nous montrer qu’on ne faisait pas seulement de la comptabilité. On aidait des personnes, on les soulageait au niveau administratif. Aujourd’hui, on reste dans nos bureaux et on passe moins de temps sur les chantiers. Sortir et se reconnecter à la vie de tous les jours, aider nos filleuls pour leurs études et leur montrer concrètement à quoi cela va leur servir, ça redonne du sens à notre travail.

Comment s’organise le soutien scolaire ?

Stéphane Molès : La séance de soutien scolaire dure d’une heure à une heure et demie, ce n’est pas grand-chose, et ça ne demande pas de préparation. Le filleul arrive avec sa semaine de travail et les points sur lesquels il bloque et qu’il a envie de reprendre. On peut faire des liens par rapport à son métier. Je pouvais faire le lien avec la prévention ou le dialogue social au sein de l’entreprise.

Cet engagement s’accorde-t-il facilement avec votre travail ?

Stéphane Molès : Il est important de garder en tête que de s’engager auprès d’un jeune, ça prend du temps. Mais Proxité nous laisse une certaine flexibilité et la rencontre devient un vrai besoin. On peut maintenant organiser le soutien scolaire le mardi et le mercredi soir au siège de VCF à Nanterre. Mon métier m’oblige à bouger sur les chantiers dans toute la France donc, certaines fois, je ne pouvais pas voir mon filleul. Mais je pouvais rattraper la séance – même si c’est à éviter. Et en plus, c’est drôle, je me suis dit rapidement « Non, ce n’est pas possible, il faut que je rentre ! » et, certaines fois, j’écourtais mon déplacement pour arriver à l’heure à la séance.

Je crois vraiment en ces jeunes, et cette expérience m’a vraiment conforté dans cette idée !

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