Valoprest : "Créons des emplois, préservons l'environnement…"

Lorraine - Florange

Pour faire face à la crise de l'emploi qui touche leur région, deux femmes ont créé en 2000 la première entreprise d'insertion lorraine tournée vers le développement durable. Un pari risqué mais viable qui a déjà permis à près de 300 personnes de se former aux activités de recyclage et nettoyage écologique, puis de retrouver un emploi.

Quand elles ont lancé Valoprest en 2000, Bernadette Festor et Elisabeth Parachini n'imaginaient pas être à la tête d'une entreprise de 60 salariés dix ans plus tard. Et pour cause, les deux femmes s'y connaissaient peu dans le domaine de l'auto entrepreneuriat. Encore moins dans celui du tri des déchets. Bernadette Festor se souvient : "Le bassin mosellan a été frappé de plein fouet par la crise de l'industrie sidérurgique. Venant du secteur de la formation professionnelle, nous n'en pouvions plus de voir des demandeurs d'emploi de bas niveau de qualification multiplier les stages tout en ayant peu de chance de reconversion." Les deux femmes obtiennent alors une convention de l'Etat pour créer leur entreprise d'insertion. Elles font une proposition de prestation de tri à une filiale du groupe SUEZ dans un centre de tri d'emballages ménagers papiers et plastiques à Fameck, près de Metz où leurs employés effectuent un travail à la chaîne. L'activité est bientôt complétée par le lancement d'un service de nettoyage basé sur l'utilisation de produits écologiques et proposé aux particuliers, collectivités et entreprises de la région.

Une formation complète

Aujourd'hui, Valoprest compte 45 postes en insertion et 15 permanents dont la plupart ont été recrutés au Pôle Emploi. "Notre objectif est de former le plus de personnes possible. Durant une période maximum de 24 mois, nous les préparons à retrouver le chemin de l'entreprise classique", précise la gérante. Pour les y aider, des formations complémentaires de quelques jours sont proposées dans des domaines comme la sécurité, le travail en équipe ou le développement durable. Rachid Benlaghdem, jeune travailleur algérien embauché en 2009, a ainsi pu se spécialiser. "Après avoir travaillé cinq mois au tri puis au service vitrerie, on m’a proposé de passer le permis ‘nacelle’ pour conduire la machine avec laquelle on nettoie les vitres en hauteur." A l'issue de cette formation d'une semaine financée par Valoprest, Rachid se sent plus confiant face à l’avenir : "Il y a du travail dans le secteur de la propreté et j’ai appris tellement de choses ici." L'important reste de créer "un parcours cohérent", rappelle B. Festor qui signale qu'après leur passage dans l'entreprise, près de 300 personnes ont pu retrouver une activité durable (postes en Intérim, CDD, CDI). De bons résultats qui ne doivent pas faire oublier que cet accompagnement social représente un coût important. C'est pourquoi les fondatrices ont décidé de diversifier leur activités en lançant Valo'DDesign, en 2008. Une troisième branche tournée cette fois vers la récupération et la vente d'objets usagés.

Le design au service du développement durable

"Avec Valo' DDesign, nous renforçons notre démarche de développement durable en offrant une nouvelle vie aux déchets" explique B. Festor. "Dans le même temps, nous permettons une montée en compétences de nos salariés qui peuvent se spécialiser sur des postes plus techniques dans le travail du bois et du fer". Tables, bibliothèques, chaises ou lampes deviennent ainsi autant de pièces uniques réalisées à partir des déchets confiés aux équipes de Valo' par les communes et les entreprises. Parmi elles, Actemium, une filiale du groupe VINCI qui offre des prestations de service dans les secteurs de l'industrie et de l'eau à Metz. Frank Handler, directeur de l’entreprise et parrain de Valoprest depuis 2008, appelle régulièrement l'atelier que la Fondation VINCI a contribué à financer : "Quand nous démontons des installations, carters de boîtes de vitesse et moteurs peuvent par exemple être récupérés". En tant que parrain, il met à profit son expérience et son réseau pour faire connaître l'activité de Valo'DDesign : "J'ai une grande admiration pour les personnes qui se lancent dans ce type de projet. On veut les soutenir et les aider à se développer car leur modèle est intéressant. Pour cela il nous faut multiplier les vernissages dans les grandes villes et assurer une bonne communication". A bon entendeur ! Plusieurs points de vente ont déjà été mis en place à Nancy, et plus récemment à Paris.

Octobre 2010 © Agence d'informations Reporters d'Espoirs

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