Le Tri d’Emma donne une seconde vie aux textiles usagés
Rhône-Alpes - Roanne
Depuis début 2011, la toute jeune association Le Tri d’Emma collecte et trie des milliers de tonnes de textiles usagés, dans la région de Roanne dans la Loire, qui seront ensuite recyclés par des réseaux spécialisés.

Le réseau Emmaüs est à l’origine de ce projet. « Emmaüs possédait un savoir-faire dans le domaine du traitement du textile usagé depuis très longtemps. Il a ainsi pu mettre en œuvre une politique globale d’accompagnement visant à créer de l’emploi dans ce secteur », explique Jean-Luc Mieszczak, directeur du Tri d’Emma. « Ici, à Villerest, nous sommes sur un territoire qui a accueilli beaucoup de fabricants textiles et qui a subi de plein fouet la désindustrialisation. Aujourd’hui, 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage a explosé, notamment chez les femmes. »
Valoriser les surplus de dons de textile
Fort de ce constat, il lance le Tri d’Emma sous forme d’entreprise d’insertion en mars 2011 et récupère les surplus d’associations locales de collecte : Emmaüs, la Croix-Rouge ou le Secours Populaire, reçoivent chaque année des tonnes de textiles usagés, mais faute de capacité matérielle et technique, 80 % de ces dons ne peuvent pas être valorisés et sont envoyés en déchetterie. Dans cette chaîne, c’est donc le Tri d’Emma qui prend le relais. 50 % des vêtements sont revendus en l’état au réseau Le Relais, 20 % sont destinés à l’effilochage (le tissu effilé sert à fabriquer des nappes de fibres), 10% seront transformés en isolant pour le bâtiment, 10 % en chiffons d’essuyage pour l’industrie et seuls les 10 % restants seront enfouis ou incinérés. En 2011, l’association a trié 1 300 tonnes de textiles, et vise les 1 500 tonnes en 2012.
Le Tri d’Emma a donc une dimension écologique, puisqu’elle valorise des déchets qui ne pouvaient pas l’être jusque là, mais surtout une visée sociale. Une quinzaine de salariés en insertion y travaillent. « Ce sont tous des chômeurs longue durée, qui peuvent rester au maximum 24 mois », souligne Jean-Luc Mieszczak. « Les six premiers mois permettent de remettre les gens en condition de travail, leur réapprendre à respecter des horaires, une hiérarchie… Ensuite, nous travaillons avec eux sur un projet professionnel, pour les aider à trouver un emploi. » Elisabeth Oriol a été embauchée en avril 2011. A 55 ans, elle était au chômage depuis un an et demi. « A mon âge et sans diplôme, c’était presque impossible de retrouver du travail » regrette-t-elle. « Je suis là pour deux ans, mais si je pouvais, je resterais ici. Je m’y trouve bien. »
Des visites de chantiers pour élargir les possibilités
Grâce au financement de 25 000 euros apporté par la Fondation VINCI en 2011, l’entreprise d’insertion a pu acheter des bacs de tri pour les différents textiles collectés. Ce partenariat s’inscrit dans la durée grâce à l’implication d’Eric Désormière, basé à Roanne, responsable RH de l’agence Réseaux Centre-Est de Cegelec (filiale du pôle Energies de VINCI), qui a accepté d’accompagner l’association en tant que parrain de proximité. « On ne se voit pas tous les jours, mais une relation de confiance s’est établie. C’est une expérience très enrichissante, qui m’a permis de rencontrer des gens formidables », précise-t’il. « J’apporte des conseils en matière de sécurité et de prévention sur le site. Je souhaite aussi mettre en place des visites de chantier à destination des salariés en insertion, pour leur faire découvrir les métiers du BTP et peut-être leur ouvrir de nouvelles possibilités. J’ai accepté de donner un peu de mon temps dans l’optique d’aider ces personnes à remettre le pied à l’étrier, » ajoute-t-il. Un projet qui démarre bien, puisque fin 2011, deux des salariés de l’association ont déjà trouvé un emploi dans la région.
Mars 2012 © Agence d'informations Reporters d'Espoirs
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